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Auto Entrepreneur : un changement de paradigme sociétal en marche ?
Jeudi 3 mars 2011Depuis quelques mois, nous assistons au succès du lancement du concept de l’auto-entrepreneur, basé essentiellement sur une modification à la marge du statut existant depuis plusieurs années de la micro-entreprise. Un statut de micro-entreprise adapté pour une très petite activité qui intéresse souvent des personnes en recherche emploi qui ont l’ambition de créer une entreprise individuelle.
Mais d’où vient cet engouement soudain des salariés (actifs ou pas) pour la micro-entreprise ?
En fait, ne nous trompons pas de termes : ce n’est pas la « micro-entreprise » qui intéresse les salariés, mais « l’auto-entreprise ». Qu’une question de vocabulaire me direz-vous ? OUI et tout ou presque est là : les mots sont des symboles qui supposent une représentation partagée, en l’occurrence un nouveau paradigme de société est en marche.
D’un ancien paradigme vers un nouveau
En effet, notre société française a depuis longtemps opposé dans son imaginaire collectif, entrepreneurs et salariés. Un clivage qui tient d’un paradigme sociétal lié, pour faire simple, à une approche du fonctionnement de notre société sous forme de lutte de classes. Une représentation si prégnante de deux mondes séparés, qu’elle est évidemment trop souvent confirmée dans la réalité, des deux côtés de cette barrière imaginaire :
du côté des entrepreneurs qui trop souvent “luttent” pour que leurs salariés tiennent mieux compte des contraintes de rentabilités du projet d’entreprise. Ils le font dans le cadre de l’application de la relation de subordination des salariés, notamment concrétisée par un contrat de travail.
du côté des salariés qui trop souvent “luttent” pour que le chef d’entreprise tienne mieux compte de la rentabilité de son activité pour le projet de l’entreprise. Ils le font dans le même cadre que les entrepreneurs mais de l’autre côté de la barrière cette fois.
Ainsi dans ses postures guerrières qui ne laisse que peu de place au dialogue pour travailler ensemble, chacun essaie de tirer la couverture à lui sans vraiment chercher à bien comprendre l’autre dans un même but partagé. En effet, à la lecture d’un contrat de travail, on voit avec difficulté l’expression de l’enjeu commun, pourtant essentiel aux deux partis : le lien entre le poste lié au contrat de travail et le projet d’entreprise !
D’une lutte vers une autre basée sur de nouvelles représentations
Aussi peut-on voir dans le train de mesures politiquement marketées avec efficacité par le gouvernement français autour de l’imaginaire de l’”auto-entreprise”, un pont possible entre ces deux côtés de la barrière :
du côté des salariés (actifs ou pas) : un pas vers une meilleure compréhension de l’esprit d’entreprise et du métier d’entrepreneur qui consiste à faire vivre et développer un projet d’entreprise. Une compréhension qui passera par un apprentissage de la gestion de nouvelles formes de risques jusque là camouflées par le confort trompeur du statut de salarié, avec son train de dispositifs sociaux pas toujours bien compris. Une meilleure compréhension de la gestion de risques qui peut permettre au salarié de voir que les luttes à mener sont surtout pour le soutien d’un projet d’entreprise efficace, réussi.
du côté des entrepreneurs : un pas vers une meilleure compréhension de l’enjeu délicat de la subordination. C’est en réalisant que ses salariés peuvent avoir eux aussi une démarche de projet d’entreprise qu’ils peuvent réfléchir à comment mieux servir leur propre projet d’entreprise en tenant compte des ambitions de leur salariés : en effet, le chef d’entreprise ne doit pas sous-estimer le moteur extrêmement puissant qu’est la prise en compte des ambitions du salarié en adéquation avec la gestion d’un projet d’entreprise qui, s’il n’est pas suffisamment partagé, risque de rester lettre morte, ou tout au moins difficile à faire vivre sans trop de luttes …
Le succès de l’auto entrepreneur est le symptôme d’un nouveau paradigme de la lutte pour le développement
Les raisons du succès des pépinières d’entreprises
Jeudi 25 juin 2009Contexte de crise économique, dispositif auto-entrepreneur … aujourd’hui, la création d’entreprise a le vent en poupe.
Toutefois les statistiques sont formelles : c’est durant les trois premières années de la vie d’une entreprise que le taux de disparition est le plus élevé. En effet le créateur d’entreprise maîtrise très bien un métier, plus rarement celui de chef d’entreprise. Un nouveau métier qu’il va devoir assurer en même temps que l’adaptation de son idée de départ aux réalités d’un marché qu’il n’a pas encore complètement cerné.
Un cap délicat à passer qui se fera plus facilement grâce aux pépinières d’entreprises.
Pour preuve, alors que le taux de pérennisation à trois ans des nouvelles entreprises en PACA est d’environ 60 %, il est de 76 % pour les entreprises qui ont été résidentes à la pépinière d’entreprise du RILE… sur 12 ans !
Et qu’est-ce que le RILE apporte pour faciliter le passage du cap des trois ans ?
On peut dépeindre le dispositif comme un triptyque dont les trois panneaux sont :
- un accès facilité à l’immobilier d’entreprise. Par exemple, nos coûts de locations sont inférieurs aux coûts du marché,
- des services partagés qui facilitent le quotidien des jeunes entreprises, doublés des conseils et des formations d’une équipe de techniciens spécialisés dans la création d’activité,
- la mise en réseaux, favorable au développement des ventes sur trois plans complémentaires : les axtuels résidents et anciens résidents pour échanger sur des problématiques communes, les acteurs économiques privés pour mieux travailler son marché et les acteurs publics pour vous ouvrir des portes.
Quelles perspectives pour le RILE ?
Grâce à l’appui financier des institutions telles que le Conseil Général 84, les mairies, la COVE ou la CCSC de Monteux, la pépinière d’entreprises projette de proposer cet accompagnement sur d’autres lieux du territoire, car lorsqu’un dispositif fonctionne bien, il faut le dupliquer.